Epilogue Saint François, Guadeloupe – 7 jours après avoir touché terre Somptueusement
installés sur la terrasse de notre gîte 3 épis (nous avons décidé de
mener une vie de luxe à partir de maintenant, à savoir lave-linge et
lave-vaisselle) surplombant l’Océan, notre traversée s’éloigne
paresseusement mais nous apparaît de plus en plus magique avec ces
quelques jours de recul. De
l’extérieur, rien de bien changé hormis une silhouette de jeune homme
(10 kgs en moins et le mollet discret), des cheveux longs (pour
certains) et quelques cals résiduels aux mains. A
l’intérieur, des images et des sensations que nous gardons bien au
chaud (pas bien difficile ici) pour les déguster avec vous tous à
l’occasion. Pour le
moment, notre appétit ne se contente pas d’images et la dégustation se
mesure davantage à la quantité qu’à la qualité. Nous mangeons (en
réalité nous bouffons) toute la journée en arrosant le tout de
Ti-punchs et bières, en se permettant en la matière une faible
modération ! Résultat :
nous sommes déjà en train de reprendre les kilos perdus, avec une
modification probable de leur allocation si nous ne reprenons pas une
activité sportive très rapidement. Les muscles de torse et épaules
perdus en cours de traversée seront remplacés par une bouée abdominale
qui nous aurait été du plus grand secours en mer en cas de chavirage,
mais qui risque de nous ôter toute crédibilité quant à la dimension
sportive de la traversée si nous rentrons en France sans y prêter
attention. L’état général
est sinon très bon. Nous avons très vite récupéré de notre dette de
sommeil et avons retrouvé un mode de déplacement rectiligne après
quelques heures de zigzags inévitables au sortir de notre shaker
flottant ! Le sommeil :
parlons-en rapidement! Principal élément d’inconfort de cette
traversée, nous attendions avec impatience cette première nuit. Mais
nous étions également attendus avidement par une engeance locale : le
moustique. Nous avons bien failli regretter l’inconfort de notre réduit
nautique !! Mais quelques heures de récupération ont suffi pour
recharger les batteries à bloc ! Par
ailleurs notre retour à terre s’est accompagné des habituelles
sollicitations médiatiques subies par les plus grands aventuriers. En
une semaine, nous avons fait l’objet d’un entrefilet en 6éme page de
France-Antilles, d’un passage radio fort sympathique de quelques
minutes sur RFO Sport et de la signature d’un unique mais authentique
autographe ! Ah, Notoriété quand tu nous tiens……… Plus
sérieusement, nous avons bénéficié d’un accueil très chaleureux en
Guadeloupe, qu’il s’agisse de la famille Marest, désormais bien connue
du lecteur, de la capitainerie de Pointe à Pitre, des journalistes
locaux et plus généralement de tous les Guadeloupéens et navigateurs
que nous avons croisé sur et hors des pontons. Sans oublier les amis et
membres de nos familles ayant fait le déplacement. Je crois que nous
reviendrons et pas nécessairement en barque ! Pour
l’heure, nous bouclons les formalités de sortie d’eau du bateau et
embarquement sur un porte-conteneurs de la CMA-CGM à destination du
Havre. Pas si simple ! Le monde de l’affrètement maritime ressemble au
monde marin : le gros mange le petit. Après nous être faits croquer
(certains y rajouteraient une syllabe) pour le retour de notre remorque
depuis les Canaries (plus cher que la valeur de la remorque !!), nous
bénéficions heureusement de contacts de confiance à la CMA-CGM de
Pointe à Pitre qui devraient nous permettre de rapatrier le bateau dans
d’excellentes conditions. Sortie
d’eau prévue le mercredi 7 mars à 8h00. Ce qui nous laissera 3 jours de
farniente aux Saintes avant de retrouver les halls si accueillants de
Roissy Charles de Gaulle le WE prochain. Il
va être difficile de quitter notre canot. Nous ne nous lassons pas de
le regarder paisiblement amarré au ponton d’honneur de la marina, à la
place même qu’occupait Gitana XI 3 mois auparavant. Il est si beau
notre rafiot !! Drôle de coïncidence, nous avions croisé Lionel
Lemonchois lors d’un stage « survie en mer » en octobre dernier. Mais il faudra bien atterrir …. À Paris dans un premier temps…. Alors un grand merci à tous ceux qui ont partagé avec nous ce voyage dans l’espace ! - NAUSICAA et l’ANR en tant que partenaires - MERALLIANCE, EUROMEZZANINE, WINNCARE, DURECU, la Ville de SARZEAU et GEOLINK en tant que soutiens financier et technique - Notre team à terre qui nous a épaulé avec sympathie, simplicité et compétence, complété du team MAREST en Guadeloupe - Les deux petites marraines d’Océanite, Alice et Océane, qui ont su apprivoiser la Providence - Tous ceux qui ont déambulé sur notre site et envoyé une bouteille sur le net -
Et enfin notre Webmaster de choc, Bruno, qui a veillé sur nous et
raconté nos tribulations pendant 51 jours et peut désormais éteindre
son écran et reprendre une activité normale ….. (merci à Catherine de
nous l’avoir prêté sans modération) Merci
à tous de nous avoir aidé et permis de vivre cette tranche de vie, de
l’avoir partagée avec nous. Nous comprenons maintenant pourquoi les
yeux de nos prédécesseurs (Anne, Peggy, Thierry, Serge, …) brillaient
lorsque nous les faisions parler de leur traversée. Un Océan dans une
vie c’est déjà marquant, à la force des bras (merci aux vents et aux
courants) c’est d’une intensité extraordinaire. Nous gardons dans nos têtes les moments de glisse par mer formée sous la voûte étoilée, un grain s’approchant au clair de lune…… Nous en deviendrions poètes, nous qui en sommes de piètres …… Nous avons compris en tout état de cause pourquoi les marins sont superstitieux ……… Et continuent à rêver de traversées aussitôt le pied posé à terre !!