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Bayonne - le 28 Décembre 2006

Enfin, le jour du départ de l’aventure est arrivé. Ce n’est pour le moment qu’un trajet pour amener le bateau de Paris aux Canaries.

L'appareillage de Gran Canaria est prévu entre le 5 et le 10 janvier 2007.

Arrivée à 9h30 à Toussus le Noble pour charger le bateau avec tout le nécessaire : matériel de sécurité, électronique de bord, matériel de rame, nourriture pour 80 jours, affaires personnelles, matériel de cuisine, matériel de maintenance, filets a plancton, etc.

Nous quittons Toussus le Noble à 12h30, en espérant ne rien avoir oublié, et en se demandant comment on pourra rentrer dans le bateau tout le matériel que nous venons de charger dans le coffre de la voiture.

La météo est favorable: température -1°C, temps brumeux, vent de Nord Est 5 noeuds avec quelques rafales à 7.

Bruno a mis le chauffage à fond dans la voiture pour nous acclimater aux températures de notre future traversée.

Olivier se réjouit d’avance d’une période de 3 mois sans retraits de points sur son permis, un record qui promet d’être difficile à battre

Nous profitons de nos derniers instants de vitesse : 2000 km à effectuer entre Paris et les iles Canaries en 2 jours et demi contre 5000 km pour la traversée de l'Atlantique en 70 à 80 jours.

Ce soir nous faisons escale à Bayonne. Après une journée de route, nous avons déjà pratiquement épuisé touts nos sujets de conversation "civilisés". Il va apparemment falloir faire preuve d’imagination pour la suite du voyage.

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Sur l'eau, en Ferry - le 31 décembre 2006

Embarquement dans le Ferry à Cadix à 0h30 après une traversée express de l'Espagne. 2 jours de traversée à 20 mètres au-dessus des flots. Beau temps, mer peu agitée. Mais impressionnant quand on a la perspective de s'y retrouver sur notre canot dans quelques jours !

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Bonne année à nos proches et à tous ceux qui nous soutiennent- le 1 janvier 2007

1 janvier 2007 très calme, et un peu décalé sur un ferry déserté de ses habitués. Heureusement nous avons notre "Kit Survie" fourni par des amis prévoyants: Champagne et foie gras. Puis Ambiance de folie dans la discothèque du ferry avec quelques allemands en short. Couchés à 0h15! L'ivresse sera pour une autre traversée.

A 16 heures arrivée à las Palmas de Gran Canaria: temps superbe 20°C et vent local soutenu. Direction le port de Pacito Blanco au sud, point de départ idéal pour se dégager rapidement des Iles. Nous laissons le bateau sur place et partons retrouver notre support team Isabelle, Anne et le Grand Serge qui aura la lourde responsabilité de faire un convoyage retour de la voiture, ipod sur les oreilles et tapas aux escales.

Nous vous envoyons tous nos voeux pour la nouvelle année. Nous avons une pensée amicale pour tous ceux qui nous suivent, et espérons rentrer dans le vif du sujet prochainement. Les prévisions météo laissent entrevoir un bon créneau météo vers le 7-10 janvier.

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Vivement les premiers coups de rame !! - le 4 janvier 2007

L'heure est aux derniers préparatifs avant le départ prévu le 7 ou le 8 janvier 07.

Nous nous concentrons sur les bricolages de dernière minute (peinture antifouling, derniers câblages électriques), essais des équipements électriques (écho-radar, feu scintillant, téléphone satellite), chargement du bateau, arrimage des équipements et derniers choix cornéliens sur ce que l'on emmène (whisky et crème solaire assurément) et ce que l'on doit laisser (chaussures de jogging et blackberry).

Nous sommes en contact quotidien avec un routeur pour prendre le départ dans les meilleures conditions de mer, sachant que nous nous attendons à avoir un bilan alimentaire plutôt négatif sur les premiers jours..

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Le départ est imminent - le 6 janvier 2007

Aujourd'hui, première sortie du port de Pacito Blanco et dernières vérifications
des équipements, en priorité le dessalinisateur qui doit produire nos 15
litres de consommation quotidienne d'eau douce grâce aux panneaux solaires.
Le bateau est lourdement chargé, mais a une bonne inertie une fois lancé. Plus
proche de la barge que du skiff. Mais plus stable que le skiff (pas tres
difficile).
Nous avons sous la main tous les équipements de première nécessité pour ne
pas être obligés de passer notre temps la tête dans les coffres les premiers jours (simple précaution, mais importante par expérience).
Anecdote amusante: nous avons croisé a Pacito Blanco deux hongrois qui devraient
nous suivre d'ici quelques jours avec un bateau inédit, ultra-léger, moins lourd en charge que
le notre à vide.

Nous avons la compagnie du grand Serge jusqu'à demain matin : il va remonter la voiture et la remorque de notre bateau des iles Canaries vers la France avec dévouement et sobriété.

Le départ est prévu pour demain, 7 Janvier à 5 heures du matin, heure à laquelle le vent d'Est local se calme et devrait nous permettre de sortir de la zone par vent modéré. En nous écartant rapidement de la terre, direction plein Sud, nous devrions éviter toute visite prématurée des autres Iles de l'archipel Canarien.

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C'est parti  - le 8 janvier 2007 à 18:00

Deux jours de mer et  24 milles au compteur. La houle croisée, des creux de 3 à 4 mètres et les premiers jours d'adaptation aidant, nous sommes victimes d'un mal de mer qui devrait durer encore quelques jours. Nous étions prévenus et les médicaments que nous avons pris ne nous ont pas été d'un grand secours. Les mauvaises nuits, le mal aux mains et les fesses endolories par les mouvements incessants du bateau ne seront heureusement bientôt qu'un mauvais souvenir.

Nous découvrons aussi la faune Atlantique : une petite tortue de 50cm, un océanite (petit oiseau pélagique qui a donné son nom à notre barcasse) et un énorme cargo des mers qui vient de  passer à 100 mètres de notre frêle embarcation.

Nous ramons 10 heures par jours à une moyenne de 1.5 noeud, la vitesse de croisière prévue étant de 3 noeuds une fois que nous serons sortis de cette zone turbulente avec vent de travers et que nous aurons le vent arrière . Quelques incidents nous ont retardés dont une première dame de nage cassée et remplacée par une dame plus résistante et une rame perdue qu'il a fallu récupérer.

Notre position : 27° 04' 04'' N 16° 32' 01" O

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Le 9 janvier 2007 à 17 :12

Avec le mal de mer qui s'estompe le moral s'améliore et les activités reprennent. La météo s'est calmée.  La houle est croisée avec des creux d'un à deux mètres et un vent d'Est de 10 noeuds.  Nous descendons vers les alizés.

La température de l'air est de 25°et l'eau est à 20°. Ce serait une température idéale pour se baigner, si seulement nous en avions le temps.

Un avion SAR (Search And Rescue ou Recherche et Sauvetage)  a survolé le bateau. Nous avons pu engagé la discussion et testé les procédures. Il a été notre seul contact humain de la journée.

Notre position : 26° 27' 31" N,  17° 20' 30" O

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Le 10 janvier 2007 à 17 :12

Après quelques jours passés à souffrir d'une houle croisée le mal de mer s'est enfin estompé.

Nous commençons à mieux gérer notre nouvel espace de vie. Aujourd'hui pour la première fois nous avons sorti le réchaud et préparer un repas chaud avec potage et riz cantonnais : c'était la fête.

Les premiers jours nous ramions ensemble 10 heures par jour pour ne pas trop souffrir du mal de mer et dormions ensemble dans la petite cabine où sont installées les couchettes, dans un confort relatif. Le mal de mer s'estompant nous avons pu démarrer un nouveau programme où nous ramons en alternance de 1 à 2 heures chacun. Pendant que l'un rame l'autre soigne ses ampoules, pointe notre position sur la carte, fait sa toilette ou prépare le repas.

Depuis le 7 janvier nous avons parcouru 193 milles nautiques , dont 41 milles aujourd'hui en direction du Cap Vert.

La météo continue d'être bonne avec un vent Nord-Est de force 4 et une houle toujours croisée avec des creux de 1 à 3 mètres. Il fait 31° dans la cabine et nous apprécions à l'extérieur la brise marine.

Le moral est au beau fixe.

Notre position : 25° 35' 37" N, 18° 05' 15" O

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Rencontre aquatique, le 11 janvier 2007 à 18 :40

Hier soir nous avons continué de ramer la nuit tombée sous un vent fraîchissant de force 4 à 5. La ciel était clair et la nuit étoilée. Nous avons coupé les feux de position  pour pouvoir mieux  en profiter. La traine du bateau était illuminée par le plancton phosphorescent, nous donnant l'impression de filer à grande vitesse, partis pour gagner la route du rhum. L'instant était magique.

Et puis vers 22:00 une vague un peu plus forte que les autres est passée par dessus bord et nous a trempée. Fin de la rêverie et retour dans la cabine pour essayer de trouver le sommeil. L'adrénaline et l'exiguïté de la cabine aidant nous ne l'avons pas trouvé avant 3:00 du matin.

Nous nous sommes levés ce matin à 6:00 pour ramer jusqu'à minuit, soit 18 heures en alternance.

Il a fait très chaud aujourd'hui  (34° dans la cabine) et  l'absence de vent s'est fait sentir. Nous en avons profité pour nous baigner, prendre des photos du bateau ( voir la rubrique "Photos" du site) et faire notre toilettes dans une eau à 23°. Se baigner en plein océan à quelque chose d'inquiétant. D'ailleurs Olivier n'a pas tardé à tomber nez à nez avec deux requins énormes ... je veux dire deux poissons pilotes de 20 cm chacune. En tout cas il n'était pas fier.

Après ces émotions fortes nous avons décidé de prendre un apéritif avant le diner. C'est alors que six dauphins se sont mis à tourner autour du bateau, s'approchant jusqu'à 20 cm du bord. Nous avons sorti la caméra pour les filmer.

Faute de vent et de courant porteur notre progression a été plus lente aujourd'hui. Après avoir essayé de prendre sans succès un courant vers le Cap Vert nous reprenons une route plus directe vers Pointe à Pitre.

A bientôt

Distance parcourue : 232 milles
Notre position : 24° 51 ' N 18° 32' O

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Dauphins II, le retour -  le 12 janvier 2007 à 20:00

Après le ciel bleu hier un ciel gris aujourd'hui. Mais pas le gris familier de le la lointaine Bretagne, c'est un gris inhabituel , celui d'un ciel obscurci par le sable du Sahara occidental. N'empêche que comme en Bretagne lorsqu'il fait ce temps on sortirait bien les lignes à maquereaux.

La mer elle est sans vague encore aujourd'hui. Mais une houle de 3 mètres déplace lentement le bateau de bas en haut, nous donnant le sentiment curieux que c'est la mer qui avance sous nos pieds.

Sans vague, sans vent et sans courant nous ne pouvons compter que sur nos 4 petits bras musclés pour avancer. La progression est plus lente que la moyenne des jours précédents avec seulement 30 milles au compteur. Dur, dur ! Il nous faut aussi corriger le cap car celui vers lequel nous filons, le Cap Vert , nous éloigne de notre route directe, sans pour autant nous amener le bénéfice d'un courant porteur.

Et les dauphins dans tout ça ! nous demandent les enfants, dont nous avons reçu hier les courriels (nous en profitons pour remercier ici tous ceux qui nous envoient depuis le site des messages  qui nous font chaud au coeur). Et bien les dauphins  sont revenus hier un peu avant minuit, alors que nous donnions nos derniers coups de rame de la journée. Nous ne les avons pas vus dans la nuit noire,  mais lorsqu'ils tournaient autour du bateau le plancton phosphorescent brillait dans leur sillage. Il est de ces moments merveilleux qui à eux seuls donnent un sens à 18 heures de galère par jour.

Les dauphins sont mêmes revenus cette nuit alors que nous dormions. Le plus petit s'est approché du bateau et nous a demandé si les marraines du bateau, Océane et Alice, étaient avec nous. "Nous les aurions bien emmenées" avons nous répondu "mais le bateau est trop petit. Qui sait, peut-être que quand elles seront grandes elles aussi prendront la route du Rhum pour venir vous apprivoiser et vous caresser." 

Distance parcourue : environ 262 milles marins
Notre position : 24° 39 ' N, 19° 11' O

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Le 13 janvier 2007, à 19:00

La nuit dernière un coup de vent de Sud-Est nous a  secoués un peu. Il s'est calmé vers 6:00 ce matin laissant une mer désordonnée sur laquelle le bateau roule beaucoup. Il est plus difficile de ramer dans ces conditions les niveaux étant différents de chaque côté du bateau. Nous avons malgré tout parcouru 46 milles marins aujourd'hui contre 27 hier, soit un total de 340 milles environ (position 24° 30'N 20° 0' O).

Nous avons reçu hier des nouvelles de notre conducteur. Alors que nous quittions le port de Pasito Blanco il est resté sur le quai à nous regarder partir. Il a beau avoir des racines hollandaises il ne souhaitait pas faire partie de ce voyage au long cours. Il avait en revanche la lourde responsabilité de ramener la voiture et la remorque du bateau des Canaries à Paris. C’est chose faite et nous l’en remercions chaleureusement. Voilà son récit :

« Ils sont partis le dimanche 7 janvier à 6h45 du matin. En pleine nuit. Ils avaient l'air hyper contents d'y aller enfin, même s'ils avaient le trac.

Moi je suis rentré par un ferry vide qui reliait Tenerife à Cadix. Rien de très intéressant à raconter si ce n'est que j'ai observé la mer pendant deux jours en pensant à eux et en les imaginant ballottés dans cet environnement hostile. En fait, c'est vraiment effrayant. Surtout la nuit où ils ne doivent rien voir du tout.

Le couple hongrois qu'on a rencontré allait repartir du même port que Bruno et Olivier vers Antigua. Ils avaient déjà fait la liaison Cadix - Gran Canarie à la rame. Ils nous ont raconté qu'ils étaient restés 3 jours enfermés dans leur cabine en pleine tempête sans manger ni boire ni dormir. La peur totale.

Ce que font Bruno et Olivier, c'est vraiment courageux.

J'ai roulé 2 000 kms pour rejoindre Paris en 2 jours. Bruno et Olivier m'ont charrié qu'ils avaient monté leur projet de traversée de l'Atlantique pour me permettre de réaliser le véritable challenge : ramener seul la voiture de Cadix à Paris. On a bien déliré là-dessus. »

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Le 14 janvier 2007, à 20:00

Nous avons parcouru 48 milles marins soit un total d'environ 388 milles depuis notre départ le 7 janvier ( position 24°13' N, 20°49' O).

La traversée de l’Atlantique à la rame à une vitesse de 2.5 noeuds nous permet de faire des prélèvements de plancton. Nous avons réalisé aujourd'hui notre premier prélèvement de ces petits organismes qui sont, dans les écosystèmes marins, à la base de la chaine alimentaire. Les moindres variations de leur concentration peuvent avoir d’importantes répercussions sur l’équilibre écologique du milieu. Les prélèvements que nous effectuons permettront à Nausicaa, Centre National de la Mer, de confirmer la variabilité en quantité et diversité du plancton en fonction de l’éloignement des côtes et ce afin de permettre d'apporter un témoignage sur l’état de la mer et fournir un support aux actions pédagogiques qu'ils engagent.

Au menu ce soir nous aurions donc pu avoir du plancton, réputé pour ses vertus nutritives. Mais comme c'est Dimanche nous avons préféré ouvrir une bonne bouteille de vin pour accompagner un boeuf Bourguignon

On a parlé d'eux sur France Info.

Photos prises le 11 janvier 2007 depuis l'Océanite sous l'eau. Il s'agit d'un beau dauphin commun, le Tursiops truncatus, aussi connu comme le Flipper de la télé


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Le 15 janvier 2007, à 20:00

Nous avons eu un temps calme aujourd’hui. En l’absence d’un vent Nord Est favorable annoncé par la météo nous avons parcouru 46 milles marins soit un total d'environ 434 milles depuis notre départ le 7 janvier ( position 23°53' N, 21°34' O ).

Nous ramons en continu dans la journée chacun notre tour, en alternant les quarts de rame toutes les 1h00 à 1h15 : c’est le rythme idéal que nous avons trouvé pour préserver un bon rendement. La nuit jusqu’à minuit les quarts durent plus longtemps, deux heures environ, pour permettre à celui qui est de repos de bien récupérer : la tête dans les étoiles, l’Ipod vissé sur les oreilles le spectacle est de toute beauté. Passé minuit, la cabine étant petite pour y dormir à deux, nous avons finalement trouvé une solution : le dernier de quart dort sur le pont (si le temps le permet bien entendu).

Rose nous a envoyé une question par mail : " Est-ce que c'est dur de diriger le bateau la nuit ?". C’est une excellente question Rose et nous te remercions de nous l’avoir posée. Avec les deux mains sur les avirons il est en effet impossible de diriger le bateau à l’aide du gouvernail. Nous avons donc une aide précieuse, un pilote automatique, à qui nous indiquons le cap à suivre et qui à l’aide d’un moteur et de câbles actionne le gouvernail et corrige en permanence la trajectoire.

De nuit nous utilisons aussi un Speedo qui mesure la vitesse (et nous motive pour maintenir la puissance de rame), un Compas pour vérifier le cap, un feu à éclat pour nous signaler et une antenne d’amplification de l’écho radar pour prévenir de notre présence les éventuels bateaux aux alentours.

Nous avons tenté de pêcher pour la première fois aujourd’hui. Des poissons sautaient autour du bateau mais ne volaient pas. A l’exception d’une méduse qui s’est accrochée pendant une centaine de mètres à une des rames nous n’avons rien pris. Ce soir ce sera donc du lyophilisé (ce n’est pas dimanche tous les jours).

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Le 16 janvier 2007, à 16:00


Ils ont été interviewés sur France Inter à 14:35 en direct avec Mathieu VIDARD, producteur de l'émission LA TETE AU CARRE - pour écouter l'interview cliquer ici.

Un léger courant nous a accompagnés tout au long des 46 milles que nous venons de parcourir aujourd’hui.

Nous sommes désormais à mi-chemin entre les îles Canaries et le Cap Vert. Dix jours se sont déjà écoulés depuis notre départ et dans une dizaine de jours nous devrions rejoindre la zone des Alizés.

En début d’après-midi une interview avec France Inter nous a permis de parler du partenariat mis en place avec Nausicaa et de notre soutien pour l’association ANR. L'émission sera écoutable sur 5 jours et podcastable pendant 24 heures sur le site de France Inter.

La journée a par ailleurs été marquée par la rencontre avec le cargo Carlos Fisher de Monrovia qui s’est détourné de sa route pour venir nous saluer. Nous avons ainsi pu échanger sur la VHF d’abord puis de vive voix, le cargo étant passé à 50 mètres du bateau.

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Le 17 janvier 2007, à 21:00

Les conditions de rame ont été excellentes : pas de houle, un vent de Nord-Est (dans le dos), la mer du vent ( mer levée par le vent dans l'axe du  bateau) et des creux de 50 cm à 1 mètre. Résultat : record de distance battue avec 51 milles nautique au compteur sur 24 heures.  Notre position : 22° 59 ' N 23° 02' O

Un dauphin nous a tenu compagnie aujourd'hui. Il a sauté hors de l'eau une dizaine de fois dans le sillage du bateau. Et puis nous ne l'avons plus vu. Olivier en a conclu que nous allions trop vite pour lui.

Jelena, 7 ans, nous a demandé par mail si nous dormions bien. L'Océanite n'a en réalité rien d'un hôtel 4 étoiles (ni même 1 étoile). La cabine où nous dormons tous les deux fait un peu plus d'un mètre de large et un mètre de haut. La nuit, faute de quille, le bateau bouge dans tous les sens et il est nécessaire de se caler pour ne pas rouler ou de s'étaler, mais pour cela la cabine est trop petite. Alors lorsque la nuit le permet l'un de nous dort sur le pont du bateau pour laisser à l'autre un immense lit de 1.1 mètre de large. Ceci étant dit la fatigue accumulée nous aide en général à trouver rapidement les bras de Morphée.

Et puis autre question : que mangez vous ? Au menu ce soir nous avons prévu whisky et cacahouètes en apéro (en premier plan sur la photo ci-dessous), puis une soupe avec du Pemmican ( viande séchée Canadienne permettant un apport énergétique important, souvenir d'une périple dans le grand Nord), du boeuf Strogonoff (lyophilisé), 2 portions de "Vache qui rit" (pas lyophilisé) et un pudding aux noisettes (lyophilisé). Le tout accompagné par le château La Pompe, mis en bouteille localement grâce au désalinisateur embarqué.

Ci dessous la photo du pont vu depuis la cabine au petit matin. La coccinelle sur la porte est le logo de l'association ANR (Association Neurofibromatoses et Recklinghausen, régie par la Loi de 1901, reconnue d'Utilité Publique) que nous souhaitons mieux faire connaître à travers notre action.


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Le 18 janvier 2007, à 21:30

Avec une houle de 2 à 3 mètres et un vent de Nord Est de force 4 à 5 qui nous pousse nous avons à nouveau battu notre record de distance avec 65 milles parcourus aujourd'hui. Notre position : 22°36' N 24° 08' O

Nous ramons toujours 18 heures par jour et 18 heures à ramer, c’est long, alors pour passer le temps voici nos petits trucs :
- ramer en alternance : toutes les une à deux heures nous changeons de rôle pour passer de galérien à passager ou de passager à galérien ; dans les starting blocks nous attendons patiemment notre tour pour prendre le relais, le corps huilé pour nous protéger du soleil, la casquette enfoncée sur le crâne et le tee-shirt à manches longues non retroussées.
- pendant les temps de rame le casque sur les oreilles nous écoutons les compilations spéciales que nous ont préparées des proches : poésie, humour plus ou moins graveleux, chansons, ….Elles sont extra ces compilations.
- pour les pauses les copains nous ont préparé un sac avec des messages à effeuiller selon une posologie rigoureuse : un le matin avant le petit déjeuner (pour Bruno) et un au repas de midi (pour Olivier). Deux soirs par semaine nous lisons les courriels reçus sur le site.
- le matin nous tournons la page du calendrier Pirelli offert à Bruno avant le départ ; là encore la posologie est strict à raison d’une pin-up à découvrir par jour.
- entre 18 :00 et 23 :00 nous appelons le webmaster sur l’Iridium pour lui donner les nouvelles de la journée ( photo ci dessous)


Autant vous dire que l’on ne voit pas le temps passer et que les romans restent pour l’instant en fond de cale.

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Le 19 janvier 2007, à 21:30

Le vent de Nord Est continue de nous pousser. Nous affichions 55 milles nautique au compteur aujourd'hui et notre position  est  22°17' N 25° 04' O (cliquer ici pour nous voir sur la carte) .

Ce soir nuit calme et temps clair. Nous allons en profiter pour récupérer de la journée record d'hier.

Dans la rubrique question aux enfants Lise nous a demandé s'il y avait des sacs en plastiques qui flottaient. Pour le moment nous n’avons pas croisé de grosses zones de détritus. Tout a l’air propre. Nous voyons cependant chaque jour quelques sacs en plastiques, bouteilles, et emballage dériver, mais pas trop.
Nous gardons toutes nos ordures avec nous afin de ne pas polluer, et jetterons le tout à l’arrivée en Guadeloupe.

Nous avons reçu de nombreuses autres questions d'enfants et les en remercions.Nous préparons des réponses.

A bientôt.

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Le 20 janvier 2007, à 22:00

Aujourd'hui encore nous avons eu un vent de Nord Est favorable. La distance parcourue ce 20 janvier est de 46 milles nautique, soit un total de 675 milles depuis le départ. Nous sommes à la position 21°52' N et 25°45' O. 

La température de l'eau est de 25°. Nous en avons profité pour faire un petit plongeon dans le grand bleu suivi d'une lessive. Les vêtements ont séché à même le corps nous apportant de la fraicheur, les températures de jour étant élevées.

Les prélevements de plancton pour Nausicaa, à l'aide d'un filet que nous laissons dériver 20 minutes, continuent au rytme de deux collectes tous les 4 jours.

Nous avons téléchargé aujourd'hui tous les messages que vous nous avez fait parvenir depuis le 14 janvier. Nous vous en remercions et vous répondrons à notre retour. Des réponses aux questions des enfants ont été postées pour la rubrique "Les questions des enfants".

Un petit coucou à Alice et Océane, les deux marraines de l'Océanite.


Aperçu d'un poisson pilote qui tient compagnie à l'Océanite

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Le 21 janvier 2007, à 21:15

Les conditions de rame sont excellentes. La mer est peu agitée et le vent de Nord Est de force 3 nous pousse. Nous avons parcouru 52 milles dans la journée et nous sommes à la position 21°29' N 26°29' O (cliquez ici pour voir la carte).

Nous avons essayé de pêcher à deux reprises avec des appâts différents, mais sans succès. Le seul poisson que nous ayons attrapé est un poisson volant que nous avons retrouvé sur le pont : trop petit pour être mangé nous l'avons remis à l'eau.

Profitant de la mer peu agitée nous nous sommes baignés à tour de rôle. Plonger du bateau dans une eau claire à 25° est un pur moment de bonheur. Comme le bateau dérive porté par le courant et poussé par le vent nous laissons trainer un bout flottant que nous attrapons pour remonter jusqu'au bateau.

Comme c'est Dimanche nous avons droit à un repas amélioré avec une bouteille de vin pour accompagner des manchons de canard aux lentilles non lyophilisés.

Notre pensée du jour va à Meralliance qui nous soutient dans notre traversée et nous permet d'emmener avec nous un morceau de Bretagne sur la route des alizés. Nous donnons le bonjour aux équipes Meralliance de Quimper et Landivisiau.

En Sponsorisant cette traversée de l’Atlantique à la rame en duo, MERALLIANCE, Le spécialiste des produits de la mer, se rapproche de ses valeurs : la persévérance dans l’effort, le travail d’équipe et l’adaptabilité à son environnement ; valeurs essentielles pour répondre avec pertinence et efficacité aux attentes de ses clients.

Inscrivant son développement dans une démarche citoyenne tournée vers l’avenir de nos enfants, l’équipe de MERALLIANCE est heureuse d’accompagner Bruno Froideval et Olivier Bertonnier dans cette aventure écologique et leur souhaite bonne mer.


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Le 22 janvier 2007, à 22:00

La mer est peu agitée et le vent de Nord Est de force 3 à 4 continue de nous pousser. Les conditions de rame restent excellentes. Nous avons parcouru 51 milles dans la journée et nous sommes à la position 21°05' N 27°17' O (cliquez ici pour voir la carte).

La température extérieure est élevée dans la journée et la baignade s'impose pour nous rafraîchir.

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Le 23 janvier 2007, à 22:00

Le vent est passé de Nord Est à Sud Est, force 2 à 3. Nous ne l'avons donc plus dans le dos mais de travers. Les conditions restent cependant globalement excellente et la distance parcourue de 46 milles nautique nous amène à la position 20° 55' N 28° 05' O.  

Encore une dizaine de jours pour atteindre la zone des alizés autour du 18 ème parallèle.

Côté pêche toujours pas de poisson en vue. Mais Anne Quéméré, qui fut la première femme à traverser l'Atlantique Nord et Sud à l'aviron en solitaire et sans assistance, nous a promis qu'au fil des jours les dorades coryphènes viendraient venir chercher l'ombre de l'Océanite et que nous n'aurions plus qu'à nous pencher par dessus bord pour les cueillir. "Enfin, ce n'est pas aussi simple que cela, mais avec un hameçon et les restes de manchons de canards, ça devrait le faire nickel !" nous dit-elle.

A défaut de dorades ce sera donc un diner lyophilisé ce soir, ... oui mais en terrasse s'il vous plait, sur une mer quasi d'huile, face à un superbe coucher de soleil ( photo prise de l'Océanite le 14 janvier 2007).


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Le 24 janvier 2007, à 20:30

Nous avons parcouru aujourd'hui 44 milles et notre position est à 20°39' Nord 28°49' Ouest.

Calme plat et une température élevée dans la journée. La baignade est obligatoire dans une eau à  26°C. Nous nous découvrons petit à petit en prenant soin de ne pas prendre de coup de soleil.

Nous avons eu plusieurs questions sur la sécurité à bord. Voici quelques unes des réponses aux questions posées.
- La nuit (nous ramons jusqu'à minuit) nous ne voyons pas venir les vagues et c'est là le principal danger. Il est donc indispensable de se déplacer accroupi en se tenant aux 2 bastingages. Au cas où l'un de nous passerait à la baille nous laissons une corde flottante trainer dans le sillage du bateau et la manoeuvre consiste à suspendre le pilote automatique pour que le bateau se mette en travers de la vague et s'arrête, puis d'allumer les feux de position.
- En cas de gros pépin nous avons une balise de détresse. Lorsqu'elle se déclenche un signal de détresse, indiquant notre position, est détecté très rapidement par un satellite de la constellation Cospas-sarsat, puis relayé vers le centre de contrôle de Toulouse qui alerte le CROSS qui dirige les opérations en coordonnant les moyens nautiques et aériens de recherche et de sauvetage en mer. Avant de partir nous avons transmis au CROSS différentes informations pour faciliter une éventuelle recherche (axe de départ, type de bateau, couleur du pont, couleur de la coque et matériel de sécurité).
-Nous avons aussi à bord un BIB, radeau de sauvetage. Bien que Gérard d'Aboville, qui nous a donné de précieux conseils pour notre traversée, nous ait dit qu'il n'était pas nécessaire nous avons préféré l'avoir à bord : il pèse certes 30 Kg, mais nous devions avoir de 100 à 150 Kg de lest de toute façon.

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Le 25 janvier 2007, à 22:10

850 milles parcouru depuis le 7 janvier dont 40 milles aujourd'hui. Notre position est 20°18'N 29°25'O

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Le 26 janvier 2007, à 21:30

Au vingtième jour notre objectif était d'atteindre à un tiers du parcours notre premier waypoint à 20 Nord 30 Ouest (waypoint : point défini par une latitude et une longitude, communément utilisé depuis l'apparition du GPS). Nous y étions presque mais la météo jusqu'ici clémente en a décidé autrement. Alors que nous avions établi une moyenne à 45 noeuds nautiques nous n'avons parcouru aujourd'hui que 17 noeuds. Notre position actuelle : 20° 01 N 29° 23' O

Cette nuit un vent de d'Ouest - Sud Ouest s'est levé de force 3 puis 4 en plein dans l'axe, mais dans la direction opposée. Nous avons donc dans un premier temps tiré des bords, progressant à une vitesse de 0,6 à 0,8 noeuds/heure vers le Sud. Mais le vent a fini par lever les vagues et le roulis agitant le bateau nous a contraints à mettre l'ancre flottante (comme il est impossible d'accrocher l'ancre au fond vu la profondeur de l'Océan nous mettons à l'eau au bout d'une corde un gros parachute d'un mètre de diamètre,l'ancre flottante, qui freine la dérive du bateau poussée par le vent). Nous continuons malgré tout de dériver doucement à 1 noeud par heure vers le Sud Est. L'objectif est désormais de rejoindre plus au sud la zone des Alizés, et de sortir de cette zone perturbée. Le baromètre baisse, le ciel est gris et la température s'est rafraichie. Eric, notre spécialiste météo à terre, pense que le vent devrait se calmer d'ici un à deux jours. En attendant il va falloir prendre notre mal en patience.

La faune nautique se fait à nouveau plus présente. La nuit dernière Olivier a entendu un mammifère marin respirer et aujourd'hui à 200 mètres du bateau un dauphin a fait de splendides sauts hors de l'eau. Nous avons aussi 6 poissons pilote qui nous suivent et nous avons aperçu un superbe poisson que nous n'avons pas réussi à identifier mais que nous avons pu filmer.

Photo prise le 23 janvier montrant Bruno avec la caméra

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Le 27 janvier 2007, à 21:30

Après une journée de repos forcé nous avons pu reprendre les rames de l'Océanite aujourd'hui.

Ce matin nous nous sommes levés à 8 heures, ce qui correspond pour nous à une grasse matinée. La vent a tourné pendant la nuit : il vient du Nord Ouest et nous l'avons donc de travers et non plus de face. Le temps de prendre le petit déjeuner, de relever l'ancre flottante, qui sera restée dans l'eau 13 heures, et nous voilà partis vers 9 heures. 
Avec le vent et malgré l'ancre flottante le bateau a dérivé de 5 milles à l'Est ; nous les avons repris ce soir. Résultat des courses : 37 milles parcourus direction plein sud par rapport à notre dernière position . Nous pointons à 18:00 à 19°24'N et 29°26'O. A défaut de nous rapprocher de la Guadeloupe nous nous rapprochons de la zone favorable des Alizés. 

Avec l'arrêt forcé de la journée d'hier nous n'avions plus d'excuses pour ne pas faire le ménage.  Nos efforts ont été récompensés par la découverte sous le pont de deux oranges  qui après 21 jours  étaient encore fraiches :  un petit moment de bonheur pour le dessert du soir !

Demain nous passerons les 30ème parallèle et nous aurons 2 heures de décalage avec Paris.

Nous saluons les élèves du CPA de La Providence qui nous suivent. Ils nous ont envoyé toute une série de questions. Nous leur préparons des réponses.

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Le 28 janvier 2007, à 20:45

Rencontre avec les raies manta

Nous avons continué notre route direction plein sud jusqu'à midi aujourd'hui, puis avons bifurqué en direction du Sud-Ouest. Notre Position est de 18°32 N 29°53' O, distance parcourue ce jour 57milles.

La nuit a été belle avec une alternance de grains entrecoupés de clair de Lune. Ce matin le baromètre qui était descendu à 1013 est remonté à 1016 hPa signalant la sortie définitive d'une zone de dépression centrée sur les Canaries.

Vers 10:00 nous avons vu s'approcher du bateau 2 grosses masses noires avec des tâches blanches à l'avant. Nous avons tout d'abord pensé aux requins. C'est en réalité un couple de superbes raies Manta   de 1,50 mètre d'envergure qui nous a tenu compagnie pendant vingt bonnes minutes.Elles ont tourné autour du bateau et se sont approchées à distance de rame. 

Malgré sa taille impressionnante, la raie manta ne se nourrit que de plancton, de crustacés et de très petits poissons. Elle se sert de ses deux cornes légèrement incurvées que l'on distingue sur la photo pour canaliser vers sa bouche la nourriture microscopique. Bien que totalement inoffensive pour l'homme, l'idée ne nous est pas venu de nous baigner en leur compagnie. 

Nous avons prélevé aujourd'hui du plancton pour Nausicaa dont un beau spécimen bleu en étoile. La récolte a été bonne mais n'ayant pas de persil à bord nous nous dispensons d'en manger.

Pour demain un vent de Nord-Est est annoncé et une série de grains. Tout cela sent bon les Alizés que nous avons finalement du atteindre. Il ne nous manque plus que les poissons volants pour compléter le tableau.

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Le 29 janvier 2007, à 21.30

Notre position est de 18°01 N°31 01' O, soit 68 milles parcourus aujourd'hui, record battu !
La température de l'eau est de 25.9°. Côté météo nous avons un vent favorable de force 4 Nord Est  avec une mer agitée et une houle 3 à 4 mètres.

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Le 30 janvier 2007, à 20:40

Nous sommes désormais bien au sud et il nous faudra quasiment tenir un cap plein Ouest pour arriver jusqu'en Guadeloupe . Notre progression aujourd'hui  reste  excellente avec 63 milles nautiques au compteur. Nous pointons à la position 17°47' Nord 32°06' Ouest.

La mer bouge autour de nous combinant trois mouvements :
- une houle de Nord de 4 mètres de haut qui arrive de travers, générée par la dépression de l'Atlantique Nord : elle ne nous gêne pas car elle est de très grande amplitude
- une houle de Nord Est générée par les vents des 3 derniers jours : de 3/4 arrière elle  ne nous gêne pas non plus  car de grande amplitude ( on compte 10 secondes entre le sommet de deux vagues)
- des petites vagues formées par les vents locaux et orientées Est-Nord Est, de 1 mètre de hauteur; c'est elles qui seraient susceptibles de nous gêner, mais pour le moment elles sont orientées favorablement. Elles ne déferlent pas et ne nous mouillent donc pas. Les vagues ourlées d'écume créent même un paysage moutonneux qui est magnifique à voir.

Le matin, le ciel est bleu. Dans la journée apparaissent des petites cumulus de convection qui grossissent et donnent des grains, que nous essuyons la première partie de la nuit. Au réveil les cumulus sont évacués et il fait à nouveau beau pour bien démarrer une nouvelle journée de rame.

Nous avons eu de nombreuses questions d'enfants sur la traversée. Nous vous invitons à voir nos réponses dans l'onglet "Les questions des enfants".

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Le 31 janvier 2007, à 20:30

Nous allons ramer 2800 milles marins, soit 5000 kilomètres, à la vitesse d'un homme en marche.

La vitesse du bateau se décompose en 3 facteurs
1- la progression à l’aviron à une vitesse de 1.5 noeud en moyenne, soit 25 à 30 milles par jour en moyenne
2-  le courant à une vitesse de 0.5 noeud en moyenne soit 12 milles par jour
3 – le vent s’il est bien orienté et assez puissant nous pousse à une vitesse de 0 à 1 nœud soit une aide favorable de 0 à 20-25 milles par jour selon sa force.

La combinaison de ces trois facteurs assure une progression de 40 à 65 milles par jour (si nous n’avons pas un vent contraire) dont 30 à 40% grâce au vent et au courant et 60 à 70% grâce à nos petits bras musclés. Les dernières 24 heures avec un vent Nord-Est de force 4 à 5 nous avons parcouru 61 milles ( position 17° 35 ' N 33° 08' O).

La durée de la traversée devrait donc être, si la météo est clémente, de 65 jours en tenant une moyenne de 45 milles nautique par jour.

La question du jour : quel est le rapport entre le plancton et un rameur ? Le rameur a ceci de commun avec le plancton : c'est un organisme océanique évoluant en mer au gré des courants sans la capacité à les remonter. Les méduses étaient connues comme les plus gros spécimens de plancton et c’est donc aujourd'hui les rameurs qui leur ravissent ce trophée.

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Le 1 février 2007, 21:10

Montagnes russes, surf et rodéo !

En début de nuit un vent de force 4 à 5 s'est levé formant des vagues courtes et abruptes de 3 mètres de haut. Elles ont tapé dans le bateau  pendant que nous dormions.
Au réveil  nous avons de grosses vagues qui viennent de trois quart arrière, soulevant l'arrière du bateau puis l'avant ( ça c'est pour les montagnes russes). Comme nous ne sommes pas parfaitement dans l'axe de la vague le bateau a du roulis ( ça c'est pour le rodéo) mais le bateau évite bien car il n'a pas de quille. Sur une vague plus longue que les autres nous avons glissé à la vitesse extrême de 5-6 noeuds (ça c'est pour le surf).

Les exocets se font de plus en plus nombreux. Ce sont des poissons des mers chaudes appelés usuellement "poissons volants" parce que leurs nageoires pectorales, très développées, leur permettent de sauter hors de l'eau et de planer quelques instants.  Un spécimen de 20 cm environ a  même traversé le pont du bateau  à  grande vitesse (ils volent à des vitesses supérieures à 60 km/h et leurs vols planés ont généralement une longueur de 30 à 50 mètres)  : nous comprenons mieux à présent pourquoi  un missile porte leur nom.

La mer est blanchie par l'écume des vagues et nous avons droit encore aujourd'hui à un superbe spectacle. Entre les embruns et la pluie il y a des moments humides.

Nous progressons à un bon rythme avec 67 milles parcourus aujourd'hui. Notre position : 17°29'N 34°18'O .

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Le 2 février 2007, 20:40

Côté mer les conditions sont semblables à la journée précédente. Il n'est pas facile de ramer mais nous progressons rapidement avec 61 milles au compteur. Position : 17°26' N 35° 24'O

Côté météo nous avons eu une série de gros grains toute la matinée. C'est agréable car ces pluies retardent l'arrivée de la chaleur. Les éclaboussures provoquées par la chute des gouttes sur la mer donnent l'impression que l'océan fume.

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Le 3 février 2007, 20:20

La nuit dernière a été marquée par des rafales de vent de NE et de gros grains. Les quarts ont été faits en ciré.

Le vent était absent ce matin mais la mer est restée agitée et difficile de ramer. La bateau roule de 10 à 30° sur chaque bord et passe d'un bord à l'autre en quelques secondes, nous donnant le sentiment de participer à un véritable rodéo. Les fesses qui nous permettent de garder l'équilibre en de telles circonstances sont soumises à rude épreuve et il nous faut en prendre grand soin

Le matin est d'ailleurs un grand moment de cosmétique masculine avec l’application de diverses crèmes pour le visage et de « MYTOSYL » pour les fesses. Le MYTOSYL est conseillé pour prévenir les irritations  par les meilleurs pédiatres et par Anne Quéméré, vaillante rameuse océanique nous ayant précédé.

Pour prévenir les douleurs, les sièges de rame ( des sellettes d'aviron) sont formés, évidés en regard des pointes osseuses qui nous servent à garder l’équilibre en position assise  et découpés à l'arrière au niveau du coccyx. En complément nous posons sur les sièges des coussins en gel de 2 cm d’épaisseur. Ces coussins de la société ASKLE SANTE du groupe WINNCARE sont utilisés pour la prévention des escarres chez les personnes âgées et nous sont d’un grand secours pour répartir les pressions et prévenir le cisaillement de nos précieux tissus postérieurs.

Il nous reste 60 milles nautiques à faire en direction du Sud et 1400 milles en direction de l'Ouest pour atteindre la Guadeloupe. Nous allons donc continuer notre route plein Ouest en longeant le 17 ème parallèle. Aujourd'hui nous avons parcouru 52 milles et pointons à la position 17°24' N 36°19'O.

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Le 4 février 2007, 20:15

Nous espérions pouvoir vous annoncer être arrivés à mi-parcours en ce dimanche 4 février 2007 mais voilà, il nous reste encore 12 milles pour y arriver. Ce sera donc partie remise et nous devrons attendre demain pourncore 12 milles pour y arriver. Ce sera donc partie remise et nous devrons attendre demain pour ouvrir les bières achetées au Canaries avant notre départ. Nous les avions mises au frais dans l'eau de l'Atlantique ... à 27°C.

La mer reste agitée et le vent de Nord Est continue de nous pousser. Il nous faut rester vigilants pour que le vent ne nous emmène pas plus au Sud, au risque de finir en Martinique et non pas en Guadeloupe. Nous pointons à 17°18' Nord et 37° 16' Ouest.

Nous vous parlions le 1 février des bancs de poissons volants que nous croisons. Nicolas Hirel de Nausicaa, le centre national de la mer ( pour lequel nous réalisons tout au long de la traversée des relevés de plancton) , nous a envoyé un fichier à imprimer pour faire un mobile avec les enfants ou un concours de poissons volants au bureau. Vous pouvez le téléchargez en cliquant sur le lien ci-dessous. Amusez-vous bien !

1-
En savoir plus sur les poissons volants avec Nausicaa (nécessite Acrobat reader)

2- Bricolage poisson volant (1.6 Mo - nécessite Acrobat Reader)

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Le 5 février 2007, 20:20

Ce matin à 0:00 nous avons franchi la première moitié de notre parcours avec une distance parcourue réelle de 1460 milles, zig-zag compris et de 1375 milles à vol d'oiseau.

Nous avons un vent de force 5 à 6 depuis cette nuit avec des grains occasionnels. Nous nous attachons la nuit pour ramer et le panneau de la cabine reste abaissé pour éviter qu'une déferlante ne vienne mouiller la cabine. Bien que le vent vienne de Nord Nord-Est nous tenons bon notre cap plein Ouest.

Le bilan à mi-parcours

1- Les conditions de navigation

Elles sont très variées 
- vent de 0 à 25 noeuds
- mer plate à agitée avec des creux de 3 mètres
- houle croisée ou non
- une poignée de surfs
- quelques "départs au lof" (le bateau engagé sur un bord à la gite, en mettant une fois les dames de nage dans l'eau)

Nous avons eu 29 jours favorables sans avoir des conditions vraiment idéales qui seraient un vent d'est de 15 à 20 noeuds et une mer arrière sans houle croisée.

Le plus agréable
- la séance de rame la nuit
- le hachis-parmentier
- les dattes "La Prestigieuse"

Ce qui nous manque le plus
- tenir debout sans les mains
- une bière fraiche et L'EQUIPE
- un bon steak non lyophilisé
- une baguette de pain beurrée
- un carpaccio de saumon
- une touche féminine dans un monde de rameurs
- les bouilles de nos neveux et nièces

3- Ce qui reste à accomplir

- 1375 milles nautique (ou 2500 km)
- pêcher une daurade coryphène
- un tête à tête avec un requin lors d'une baignade
- revoir une baleine et une petite sirène
- crier "terre,terre" en voyant la Guadeloupe

Ce soir pour fêter la première moitié nous avons prévu un apéro de gala avec deux bières des Canaries conservées avec le plus grand soin.

2- Le moral

Nous sommes désormais bien installés dans un rythme quotidien. Les jours se succèdent et se ressemblent :
- pas de week-end
- pas de réunion du lundi matin
- pas de happy friday

Le plus difficile 
- avoir une bonne nuit de sommeil
- supporter la chaleur de 12:00 à 15:00


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Le 6 février 2007, 20:15

Gros temps sur l'Atlantique !

Houle croisée et vent de force 6 avec des rafales. Pendant 2 heures hier soir après le diner la nuit était noire avant le lever de la Lune et les vagues étaient invisibles et imprévisibles. Nous avons préféré arrêter de ramer.
Ce matin nous avons repris dans les mêmes conditions, la visibilité en plus. A 14:00 le vent s'est stabilisé force 5 à 6.

Une galère nous direz vous ! Eh bien non, ce sont des sensations extraordinaires, des murs d'eau spectaculaires, des vagues qui peuvent atteindre 6 mètres de haut.
C'est très beau, prenant, mouillant et cela vaut vraiment le coup d'être vécu, même si de temps en temps nous nous trouvons désarçonnés par la vague, les quatre fers en l'air à côté du siège de rame.

Le spectacle est lui de toute beauté avec une mer qui moutonne et un contraste superbe entre l'eau bleu roi et l'écume blanche.

Tout cela ne nous empêche pas de progresser toujours plein Ouest avec 62 milles parcourus et une position de 17°12' Nord, 39°39' Ouest.

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Le 7 février 2007, 20:15

Les brèves de l'Atlantique.

Après une journée mouvementée hier, une journée plus calme aujourd'hui. 57 milles parcourus en direction de l'Ouest,position 17°10' Nord, 40°31' Ouest.

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Le 8 février 2007, 20:35

Journée  calme aujourd'hui avec un vent de Nord Est force 2 et quelques averses.

La lune n'apparait que vers minuit et les étoiles sont donc très visibles dans le ciel. Nous pouvons voir l'ensemble de la voie lactée.

Côté faune en dehors des poissons pilotes pas de nouvelles rencontres, le gros temps des jours précédents ayant peut être fait fuir les dorades.

Nous avons parcouru  62 milles en direction de l'Ouest. Position 17°08' Nord 41°36' Ouest. 

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Le 9 février 2007, 21:10

Les conditions ont été idéales avec un vent d'Est de force 4 et une mer d'Est peu désordonnée.

Nous avons parcouru  67 milles en direction de l'Ouest. Position 17°13' Nord 42° 46' Ouest.

Seule rencontre de la journée, une forme grise à 5-6 mètres du bateau de 1,20 mètre environ. Peut-être le premier requin.

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Le 10 février 2007, 19:10

Nous avons parcouru  59 milles en direction de l'Ouest soit près d'un degrè de longitude Ouest (un degré de longitude équivaut pour nous à 57 milles nautiques) .Nous sommes à la  position 17°07' Nord 43°46' Ouest.

Nous devrions demain parcourir une plus petite distance. En effet le vent est tombé et ne nous pousse plus et la mer est agitée par une houle croisée.

Suite à des questions des enfants sur la sécurité et sur les différences entre un voilier et un bateau à rame :

Le voilier a un mat et des voiles pour avancer et une quille sous la coque pour ne pas se retourner. Nous avons des rames et des bras pour avancer et nous lestons le bateau  afin d’éviter un retournement. Les coffres sous le pont sont remplis avec le chargement le plus lourd, de la nourriture et 60 litres d’eau de réserve. Au fur et à mesure de la consommation de nourriture quatre bidons de 10 litres, vides au départ, sont remplis progressivement pour maintenir au minimum 100 Kg de lest sous le pont. En complément, du matériel peut passer des coffres à l’avant et sur les côtés dans les coffres sous le pont, comme par exemple des outils ou le matériel de rechange.

Aux canaries nous avons vu un bateau Hongrois . Le concept de leur bateau était innovant du fait de l’adjonction d’une quille. Ce concept original permet de limiter le poids du lest sous le pont. En effet le poids déporté en bout de quille est plus efficace .En outre la quille améliore la stabilité et l’efficacité de rame et le confort de vie. Seul petit inconvénient : un tirant d'eau de 1,30 mètre versus 50 cm pour l’Océanite ...  mais par 4000 mètres de fond cela ne pose pas de problème.

Partis deux jours après nous le bateau Hongrois pointent à la position 17°18' Nord 41°07' Ouest et ils progressent donc à une vitesse semblable à l'Océanite.

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Le 11 février 2007, 19:30

Comme nous l'anticipions hier soir la distance parcourue entre 18:00 hier et 18:00 aujourd'hui n'est que de 48 milles nautiques *(position 16°59' Nord 44°37' Ouest). Les alizés qui nous poussent habituellement étaient aux abonnés absents entre hier et midi aujourd'hui. Ils se sont remis à souffler doucement cet après-midi, force 2 à 3.

La mauvaise nouvelle est que nous n'avons pas avancé d'un degré de longitude, la bonne nouvelle est que la dernière nuit a été extraordinaire, sans vent, avec peu de vagues, un air tiède et une nuit étoilée.  Nous avons donc acquis la conviction que si l'Alizé était une divinité ce serait une déesse : quand il (elle) est là ça décoiffe, quand il (elle) n'est pas là c'est beaucoup plus calme... mais il nous manque quelque chose.

* pour en savoir plus sur les milles ou les noeuds voir à la rubrique "les questions des enfants" la réponse de Nausicaa, centre national de la mer.

Vacation radio le 26 janvier 2007 - les nouvelles du jour communiquées par téléphone via le satellite sont retranscrites quelques minutes après sur le site Internet www.hautemer.org.

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Le 12 février 2007, 20:20

Notre position à 18:00 est de 16°54' Nord 45°47' Ouest. Il nous reste à parcourir environ 900 milles.

Nous avons parcouru 67 milles marins aujourd'hui et gagné une heure : il est donc 17:20 ici quand en France métropolitaine il est 20:20.  Nous avons eu un vent de Nord Est de force 3 à 4 hier faiblissant force 1 à 2 aujourd'hui et une houle légère.

Un poisson hier soir a tapé à plusieurs reprises dans le gouvernail, nous incitant à sortir la ligne. Cinq minutes après avoir mis celle ci à l'eau celui ci mordait à l'hameçon, mais nos réflexes aidant l'animal s'est échappé. Deuxième tentative ce soir lors de la pause repas. Vivement la première daurade fraiche !
 
Nous avons aussi aperçu aujourd'hui deux poissons blancs de 2 mètres environ. L'absence d'aileron nous fait penser qu'il ne s'agit pas de requin mais plutôt de dauphins. Nous nous sommes donc baignés dans une eau qui monte petit à petit en température pour atteindre 28°C.

Entre deux tours de rame en plein soleil un peu d'ombre et un léger courant d'air qui traverse la cabine.



 

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Le 13 février 2007, 20:00

C'est notre première daurade ...

Le vent de Nord Est de force 2 à 3 contribue peu à notre avancée et nous avons pourtant parcouru 65 milles aujourd'hui, bénéficiant vraisemblablement d'un courant favorable. Notre position ce soir : 16°55' Nord 46°55' Ouest.

La journée a été riche en poisson, à tel point que nous nous serions cru à l'aquarium Nausicaa de Boulogne sur Mer.

Hier soir tout d'abord un banc de daurades coryphènes s'est approché du bateau. Elles étaient superbes avec leur dos bleus.
Nous avons sorti notre matériel de pêche et après avoir essayé de multiples montages de lignes et divers appâts, c'est finalement une simple cuillère trempée dans l'eau au bout d'un fil à 3 mètres de profondeur  qui a retenue l'attention d'une belle daurade de 4-5 Kg.
Nous l'avons préparée crue selon 3 recettes différentes :
- à la tahitienne, marinée dans du jus de citron
- en sushi japonais, avec une sauce au soja
- à la française,  accompagnée de fines herbes
Nous aurions du à la réflexion demander à MerAlliance des conseils avant le départ sur la meilleure façon de préparer une marinade. La daurade, bien que délicieuse, n'en aurait été que meilleure.

Ce matin à 7:30 nouvelle rencontre aquatique. Nous apercevons un premier aileron suivi d'une deuxième aileron en forme de croissant. Nous discernons une masse grise de plus de 2 mètres. Pour en savoir plus nous accrochons une caméra paluche sous marine au bout d'un bras pour filmer l'animal. Vingt minutes après nous visionnons les images : les deux ailerons appartiennent en réalité à un seul espadon.
Celui ci va nous suivre pendant plus d'une demi-heure à 3 mètres du bateau, au mépris des règles les plus élémentaires de sécurité : en cas de coup de frein brusque nous étions assuré de prendre son rostre dans la coque du  bateau. La bête a fini par s'éloigner et nous avons eu, quelques minutes après son départ, une explication à sa présence prolongée à nos côtés : sous la coque de l'Océanite un banc de poissons avait trouvé refuge.


Vers 10:00 le magnifique banc de daurades est revenu à nos côtés. Nous les avons laissées tranquilles, histoire de gérer au mieux notre petit stock de citron, encore frais après 40 jours de mer !

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Le 14 février 2007, 19:30

De bonnes conditions encore aujourd'hui avec un vent Nord-Nord Est de force 2 à 3 et une houle légèrement croisée de 2 mètres.

63 milles parcourus dans la journée.  A ce rythme nous pourrions être en Guadeloupe  entre le 27 février et le 2 mars 2007. Position : 16°54' Nord 48°01' Ouest.
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Le 15 février 2007, 20:10

La méditerranée à traverser et nous y sommes …

Nouveau record battu avec 78 milles au compteur en vingt quatre heures. Il faut dire que les conditions sont optimales : un vent d’Est de force 4 bien dans l’axe, une mer d’Est dans le dos et des petits creux de moins d’un mètre. Les conditions de rame sont agréables et les quelques moments de glisse du pur bonheur.

A cette vitesse et après 2.000 milles parcourus on a l’impression que la Guadeloupe est juste derrière l’horizon.

Mais il ne faudrait pas vendre la peau de l’Espadon avant de l’avoir pêché : il nous reste encore 700 milles à parcourir, soit l’équivalent de la traversée Nord-Sud de la méditerranée, et nous devons donc encore rester concentrés et continuer de pédaler.

Notre position : 16°54' Nord 49°23' Ouest

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Le 16 février 2007, 20:05

Oh, qu'il est gros le bateau …

Voilà 20 jours que nous n'avons pas vu âme qui vive. Et puis hier soir vers 23:00, au loin, une petite lumière se fait jour. Trop basse pour être l'étoile du berger il ne peut s'agir que d'un bateau.

La question à laquelle il nous faut alors répondre est "vient-il dans notre direction ?". Sur terre la réponse parait évidente mais en pleine mer nous n'avons pas de repère et il est donc difficile d'évaluer la direction du navire. A l'aide d'une boussole nous allons donc prendre son cap à 23:00 puis nous allons répéter l'opération à 23:15. Si le bateau est plein nord à 23:00 et qu'il est toujours plein nord à 23:15, c'est qu'il vient droit vers nous. Et bien justement il vient droit vers nous. Branle bas de combat ! Nous allumons les feux de navigation, l'amplificateur radar (pour qu'un gros point apparaisse sur son écran) et nous branchons la radio VHF pour communiquer avec lui. Le capitaine du bateau répond après de longues minutes ... alors que son gros bateau passe à 100 mètres du petit Océanite. La conversation est courte, l'Anglais du capitaine étant très approximatif : "No problem ?" -  "No problem". Ouf !

Côté rame les conditions restent bonnes avec un vent de force 4 à 5 et une houle croisée avec des creux de 2 à 3 mètres. Nous sommes dans une zone où le courant est porteur et fort d'une condition olympique après 41 jours de rame nous avons parcouru 70 milles dans la journée , ce qui nous met si nous tenons cette vitesse à 9-10 jours de la Guadeloupe (notre position) . Souquez ferme, matelots !

Question de Pierre : comment faites vous pour ne pas couler quand il pleut? L'eau rentre dans le bateau ?
Le pont du bateau est au dessus de la mer et dispose de 4 trous appelés "dalots". Lorsque l'eau de pluie ou les vagues déferlent sur le bateau l'eau est automatiquement évacuée par les dalots.
Il y a aussi un trou d'homme devant la cabine. Il est sous le niveau de la mer mais protégé par la cabine. Si de l'eau rentre à l'intérieur nous écopons avec une éponge.
Et dans la cabine nous avons une petite pompe à eau manuelle. Conclusion : quand les rameurs ne rament pas ils jouent au Shadok.

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Le 17 février 2007, 20:05

Espadon, le retour !

Nous avons eu de la houle cette nuit. En dormant à deux dans la cabine il est difficile de se caler et la nuit a été courte.

Aujourd’hui beau temps dans la zone des alizés. Nous avons parcouru 61 milles.

L'espadon est de nouveau venu nous rendre visite aujourd'hui passant alternativement à bâbord ou à tribord, pour finalement nous quitter, après avoir sans doute dégusté quelques uns des poissons qui trouvent refuges sous l'Océanite.

Notre position : 16°48’ Nord 51°39’ Ouest

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Le 18 février 2007, 21:00

Le vente continue de souffler force 4 à 5 et la mer d'être agitée. Nous continuons malgré tout notre progression à un bon rythme avec 67 milles parcourus. Notre position 16°41' Nord 52°49' Ouest.

Question posée sur le site :  à quoi pense le rameur pendant qu’il rame ?

Pendant qu'il rame le rameur ne se demande pas pourquoi il est là, et c’est là l’une de ses forces. Cette question serait en effet trop compliquée et trop longue à investiguer. Elle ne sera donc pas traitée lors de cette traversée

Mais alors, à quoi pense le rameur ?

1- le rameur scrute la mer et en fonction des vagues il pense machinalement à son prochain coup de rame.

2- il se demande aussi ce qu il va faire après son tour de rame qui dure le plus souvent entre une heure et une heure trente : préparer le repas, prendre la météo, faire le point navigation, chercher un ustensile dans les coffres, faire sa lessive …  

3- il refait inlassablement les calculs de temps et de distance en fonction des conditions du jour pour estimer le temps qui reste avant le passage au premier mille milles, le nombre de milles à parcourir avant d’atteindre la moitié du parcours,...

4- il a l œil rivé sur le speedomètre pour tenir une cadence de rame régulière

5- il se demande ce qu’il va raconter à la prochaine vacation radio s’il ne rencontre pas de dauphin

6- il essaye de ne pas penser à l'arrivée

Le non rameur lui pris par le feu de l’action d’un repas ou d’une lessive n’a pas le loisir de penser. Il lui arrive parfois de se reposer et lors d’un réveil brutal de se demander où il est ... mais le mouvement de la vague le ramène rapidement à la réalité.

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Le 19 février 2007, 20:00

"La maman des poissons, ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille. Et moi je l'aime bien avec du citron" - Boby Lapointe

Progression difficile en deuxième période. Cet après-midi nous avons eu un vent du sud avec une houle perpendiculaire au bateau et puis ce soir plus de vent. Du coup le bateau semble s'arrêter dés que la rame sort de l'eau et nous peinons à le relancer. Heureusement il nous reste le courant qui nous a aidé pour parcourir 51 milles. Notre position16°40' Nord 53°40' Ouest.

Pour en savoir plus sur les vents et les courants qui nous aident vous pouvez cliquez ici pour découvrir un excellent article posté par Nicolas Hirel de Nausicaa,centre National de la mer (fichier nécessitant acrobat reader 1.3Mo).

Hier soir après le diner nous avons entendu les bruits caractéristiques des daurades qui viennent taper dans le safran. Le temps de sortir la ligne, de la jeter à l'eau et en 1mn30 nous remontions une daurade coryphène de 4 Kg que l'hameçon avait accroché dans le dos. Nous en avons mangé une partie ce soir marinée au citron et nous faisons sécher le reste pour demain.

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Le 20 février 2007, 20:05

Des conditions agréables à nouveau aujourd'hui avec un vent Est Nord Est, qui nous permet de rattraper le retard pris hier et de parcourir 61 milles nautiques. Il nous reste encore 400 milles marins à parcourir pour atteindre Saint François en Guadeloupe soit une arrivée vers le 27 ou 28 février. Notre position : 16° 31' Nord 54° 43' Ouest.

Question reçue via le site : pourquoi avoir choisi ce  parcours pour traverser l'Atlantique ?

Il y  a deux parcours usuels pour la traversée de l'Atlantique à la rame, via l'Atlantique Nord ou via l'Atlantique Sud. Ces deux parcours bénéficient de vent et courant porteurs.Le trajet Nord Newport-Brest est plus exigeant que le trajet Sud que nous empruntons car le courant, le Golf Stream, est sinueux et les dépressions peuvent être très marquées.

Sans ces conditions les temps de traversée serait de plus de 100 jours, de nature à décourager les prétendants (et leurs employeurs pour les prétendants salariés). Il est néanmoins concevable d’imaginer qu’un esprit pionner s’aventure sur un autre parcours que les deux précédents moyennant une grosse motivation, un congé sabbatique fort long et un bateau très innovant.

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Le 21 février 2007, 19:55

On se voyait déjà avaler les derniers milles nautiques au rythme effréné des jours précédents mais ce matin des conditions plus difficiles nous font douter. La dernière ligne droite pourrait être dure à avaler.

La mer croisée est difficile à ramer, le vent est aux abonnés absents et dans le ciel des masses nuageuses importantes avec des formations variées en hauteur et en altitude nous donnent des alternances de soleil et de grains. Pendant les grains nous avons droit à un vent du Sud, après le grain à un vent du Nord mais en aucun cas à un vent d'Est qui nous aiderait à tirer le bateau vers l'Ouest.

Après l'Espadon, les dauphins, les poissons volants, les poissons pilotes nous avons eu droit aujourd'hui à la visite d'un poisson de 1mètre de long, de 30 à 40 cm de large, avec deux nageoires dorsales que nous avons identifié comme étant un thon ( à défaut d'une photo ci dessous un croquis).


Nous aurions bien tenté la pêche au gros mais il nous reste de la nourriture en abondance à bord. Avec 7 jours d'avance sur le planning initialement prévu nous allons pouvoir mettre les bouchées doubles la semaine prochaine et manger pour reprendre du poids avant l'arrivée.

Notre position : 16° 29' Nord, 55° 50' Ouest

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Le 22 février 2007, 21:00

Si proche, et pourtant si loin

Alors que Maud Fontenoy se désespère dans une mer qui s'agite façon "jacuzzi" , ici c'est le grand calme : aucun souffle de vent, un ciel dégagé et la canicule. Pourvu que le vent d'Est se réveille et nous pousse au plus vite vers Saint François. Nous avons parcouru 58 milles et espérons arriver mardi prochain, le 27 février, au petit matin. Notre position : 16° 13' Nord, 56° 49' Ouest.

La journée a été animée par un duplex avec Nausicaa, le centre de la mer à Boulogne, en compagnie d'une classe d'enfants de 10 ans. Nicolas Hirel, qui a répondu sur le site à plusieurs questions des enfants, était présent au côté des enfants avec l'animatrice pédagogique de Nausicaa, Katy Masset.
Ce fut un moment sympatique et nous retrouverons les enfants avec grand plaisir le 8 juin à Boulogne sur Mer pour continuer de partager cette aventure.

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Le 23 février 2007, 20:00

Quand les alizés vous lâchent

Depuis 4 jours les alizés nous ont lâchés. Ces ventes de Nord Est qui contribuaient à nous faire progresser vers l'Ouest se sont tuent sur la dernière ligne droite. La chaleur sans un souffle de vent est difficile à supporter et on a hâte de finir le quart de 12:00 sous un soleil de plomb. Du coup les 200 milles qui nous restent à parcourir, s'ils peuvent paraitre court vu de l'extérieur, sont longs et pénibles vus de l'intérieur.

Côté faune pas de poissons en ce moment, peut-être à cause de la chaleur, mais des mollusques de 4-5 cm que nous avons décrochés de la prise d'eau externe du désalinisateur. Sans nos importantes réserves de nourriture nous les aurions sans doute goûtés.

Aujourd'hui était le jour de notre lessive à l'eau salée ( tous les 6 jours) et demain sera le jour du rasage (tous les 5 jours). Moyennant une baignade quotidienne dans l'Atlantique et le respect de ces règles d'hygiène nous ne connaissons pas de problème cutané.

Nous avons parcouru 56 milles nautiques et sommes à 16°12' Nord 57°47' Ouest.

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Le 24 février 2007, 20:10

Toujours sans nouvelle des alizés

Une journée malheureusement aussi calme que la précédente, sans vent et sous un soleil qui tape.

Les daurades ne sont toujours pas revenues et même les poissons pilote ont fini par déserter le navire.

A ce rythme ralenti il nous semble encore bien loin le volcan de la Soufrière. Il ne reste pourtant que 160 milles à parcourir pour une arrivée prévue mardi 27 février.

Notre cri de guerre "Tais-toi et rame" n'aura jamais eu autant de sens.

Position : 16°13' Nord 58°40' Ouest.

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Le 25 février 2007, 20:05

Alizé, le retour

Seulement 44 milles nautiques parcourus aujourd'hui. Nous n'avions pas fait un si mauvais score depuis les premiers jours entre les Canaries et le Cap Vert.

Les alizés sont pourtant revenus ce matin, force 2 à 3. Mais nous avons rencontré une veine de courant qui nous a poussé vers le sud et que nous avons du compenser pour rester au niveau de la Guadeloupe. En prenant un cap Nord Ouest nous avons avancé en crabe en vérifiant notre position toutes les heures.

Depuis une heure nous pensons être sorti de la veine de courant pour retrouver un courant normal avec une dominante Nord Ouest. SI c'est le cas les 105 milles qui nous séparent de Saint-François en Guadeloupe devraient être avalés en deux jours, pour une arrivée mardi après-midi ou mardi soir.

Et comble de bonheur, les daurades sont revenues. Nous ne savons pas encore si nous les filmerons au moment du diner, ou si tenterons d'en pêcher une.

Notre position : 16°08' Nord 59°25' Ouest

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Le 26 février 2007, 20:50

Une arrivée qui s'annonce houleuse

Nous espérions une arrivée tranquille de jour à la rame à Saint François. Eh bien, c'est loupé !

Nous avons parcouru 62 milles nautiques aujourd'hui avec un important courant de travers qui nous pousse vers le Nord et que nous devons compenser pour faire route vers le Sud-Ouest. En effet si nous continuons notre route plein Ouest nous allons nous retrouver dans le triangl